Littérature - Digne les Bains - Prenant source dans la Haute Provence, mes romans entraînent les lecteurs dans la petite histoire des gens du peuple face à la Grande Histoire des Maîtres du Monde.
Un roman, c’est une chanson qui prend le large, un bateau ivre qui t’emmène loin, si loin et qui ouvrent des ailes de géant. Mon âme chante quand elle est émue par un roman. Les artistes produisent ce qui devrait être. Tant que nous lirons encore, rien ne sera perdu. Les romanciers nous questionnent, Bâtard est devenu vivant parmi les vivants.
Marc Z.
J'ai lu "Bâtard" avec beaucoup d'émotion, c'est très fort. À un an près, j'ai l'âge de Bâtard et les périodes de l'occupation, de la libération puis de la guerre d'Algérie ont aussi marqué mon enfance et ma jeunesse, de façon moins dramatique heureusement !
Alain G.
Une histoire peu banale qui mêle l'ostracisme à différents niveaux et les jugements hâtifs dans une société qui a du mal à se libérer d'une agressivité qui nourrit des comportements toxiques. Heureusement la plume humaniste guidée par l'auteur veille chaleureusement sur ses personnages, très attachants.
C’est à chaque fois un grand plaisir de découvrir un nouveau roman de Daniel Berthet et de renouer avec son talent d’inscrire la petite histoire dans la grande et de rendre ainsi son propos universel. En inscrivant les guerres au premier plan de son récit, la Première, la Seconde Guerre mondiale, puis la guerre d’Algérie, Daniel Berthet montre encore une fois toute l’absurdité, la monstruosité de la guerre et les dérives qu’elle entraîne et on doit, vu le contexte actuel, convenir hélas de sa quasi inévitabilité.
Daniel B.
Je t’adresse mes félicitations, c’est une réussite : tu arrives habilement par tes talents avérés d'écrivain à nous captiver et à nous tenir en haleine par le parcours hors norme de ton héros. De plus, tu sais nous faire cheminer émotionnellement sur des problématiques qui interpellent notre intériorité profon-de. J’apprécie également tes apports très documentés qui nous transportent au cœur même de l’action dans laquelle tu nous plonges et qui nous incite d'ailleurs à documenter nos connaissances sur des problématiques, comme par exemple celle de l’Algérie.
La génération d’après Seconde guerre mondiale pensait que les leçons avaient été suffisantes, éloquentes, que l’antisémitisme et le racisme avaient vécu, que les bombes ne devaient plus exploser, que la faim devait disparaître… Étions-nous idéalistes ? Avions-nous le droit d’imaginer ce monde ? Aujourd’hui, nous n’avons pas le choix, il faut faire confiance aux plus jeunes mais, avant tout, leur rappeler ce qui s’est passé auparavant et c’est pour cela que la lecture d’un roman comme Bâtardest tellement importante. Cette fiction basée sur ce qui s’est réellement passé est une réussite à recommander fortement.
Remise d'un chèque de 500 € à l'AFPS 04 pour l'Aide Médicale à Gaza.
Merci aux souscripteurs du roman "Comme un oiseau sur la mer..."
Juin 2020
Article paru dans le journal LA_PROVENCE_à propos du roman "Comme un oiseau sur la mer..."
Mai 2020
Article paru dans le journal Haute Provence Info à propos du roman "Comme un oiseau sur la mer..."
Avril 2020
A découvrir les paroles de lecteurs sur le roman "Comme un oiseau sur la mer..."
Mars 2020
Mon nouveau roman "Comme un oiseau sur la mer..." est imprimé. Il sera remis aux souscripteurs le plus rapidement possible mais en tenant compte des conditions de confinement liées à la crise sanitaire.
5 € reversés à l'Aide Médicale Gaza par livre souscrit avec leBon_de_souscription
Don de 430 € au SecoursPopulaire sur la vente du roman "Putain de Guerre !"
Merci à tous les lecteurs qui ont participé à cette action de solidarité.
11 Novembre 2018
Sortie officielle du roman "Putain de Guerre !" à Château-Arnoux lors de la journée pacifiste organisée par la Libre Pensée, le Mouvement de la Paix, la LDH, l'ARA et l'ANACR.
Sur chaque livre souscrit au prix de 15 €, cinq euros seront reversés au Secours Populaire. BON DE SOUSCRIPTION
10 Novembre 2018
Conférence de Marc Pouyet sur les Fusillés pour l'exemple suivie de la présentation du roman "Putain de Guerre !" à la médiathèque de Mallemoisson. Article de Céline Barbier sur Haute_Provence_Info.
Vous pouvez commander le roman "Putain de Guerre !" en cliquant sur le lienBON DE SOUSCRIPTION
Septembre 2018
Mon nouveau roman "Putain de Guerre !" sera bientôt disponible.
Sortie officielle le11 novembre 2018 en hommage aux poilus de 14-18et plus particulièrement aux fusillés pour l'exempleet aux gueules cassées. Mais il sera disponible dès le 15 octobre pour les lecteurs qui souscriront directement pour l'obtenir.
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Adieu 2017 - Vive 2018
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18 novembre 2017
Rencontre d'écrivains et d'artistes avec le public de la médiathèque de Mallemoisson
Remise de 300 € par l'auteur de1851 - Marianne des Mées à l'Association France Palestine 04 dans le cadre de l'opération "Un million d'oliviers pour la Palestine".
Pour prolonger cette action de solidarité, vous pouvez commander le livre en cliquant sur le Bon de commande
Accord de partenariat avec l'Association France Palestine 04 pour un reversement de 5 €par livre souscrit pour mon nouveau roman 1851 - Marianne des Mées afin de contribuer au financement d'un projet de Replantation d'un million d'oliviers arrachés et volés aupeuple palestinien par l'Etat occupant .
Été 1670 - C'était un début d'après-midi sans l'once d'une ombre, un après-midi complice d'un soleil qui dardait à l'aplomb et se gaussait des morts qu'il provoquait à ras de terre.
À l'extrémité de Digne, Notre-Dame-du-Bourg suffoquait. Tombes et caveaux qui cerclaient l'édifice étaient plaqués au sol, grillés par la chaleur, ventre à terre sous la pression de la fournaise.
Pas un seul visiteur pour déambuler dans les allées de ce cimetière, pas le moindre enterrement pour donner un semblant de vie aux âmes perdues sous terre. Seul à occuper le terrain, un escadron d'avettes bataillait les fleurs sauvages d'un talus d'ordures.
Et pourtant !
Pour qui voulait bien survoler du regard les restes de ce semblant de champ de bataille, alors, celui-là pouvait deviner les contours d'une forme statuaire, prosternée entre deux croix fraîchement recouvertes de noir.
Coiffée d'un voile blanc, agenouillée, immobile, les mains jointes, une jeune fille priait.
En se rapprochant discrètement, on pouvait déchiffrer deux noms inscrits à la peinture blanche sur les croix de bois noir.
Sur la croix de gauche, il était écrit :
Emerande Parpaillot – 1588-1670 -
et sur celle de droite
Ercilie d'Ourène – 1590 -1670 -
Un cœur était gravé sous chaque nom.
Entre deux versets répétés à l'infini pour implorer l'aide de la Vierge-Marie, la jeune fille caressait de sa main les deux cœurs et, de ses yeux tristes s'échappait un flot de larmes.
Antonine, c'était le nom de baptême de cette enfant.
EmerandeParpaillot était sa grand-mère, Ercilied'Ourène sa marraine, toutes deux disparues à quelques semaines d'intervalle, emportées par la canicule d'un été sans pitié.
À peine âgée de treize ans, Antonine n'avait désormais plus de famille. Seule pour affronter la vie, son chagrin était à la hauteur de l'amour qu'elle avait toujours porté à ses deux aïeules : Immense !
Bien sûr, elle avait hérité de la vieille maison dans laquelle elle vivait, hier encore, en compagnie d'Emerande, sa grand-mère. Bien sûr, elle avait aussi hérité du château d'Oyse dans lequel elle n'avait pas encore osé pénétrer depuis la mort d'Ercilie, sa Belle Marraine comme elle l'appelait, de peur de se perdre dans la folie de la solitude.
Peu lui importait !
Le seul refuge pour l'enfant qu'elle était encore et qui n'avait plus goût à la vie, c'était le cimetière. Il était devenu sa seconde maison. Chaque après-midi, elle s'y rendait en courant pour retrouver la compagnie de celles qu'elle avait tant aimées.
Peu importait la chaleur assassine d'un été qui avait tué son enfance en même temps que ses aïeules, Antonine était là, prostrée pendant des heures entre ses deux croix, implorant de l'au-delà une réponse à sa peine.
C'est au milieu de l'une de ses prières à la Vierge qu'elle entendit une voix étrange :
- Belle enfant, pourquoi tant de chagrin dans vos yeux ?
Au son de cette voix qu'elle ne reconnaissait pas, elle crut d'abord qu'elle était en plein rêve. Elle essuya ses larmes dans l'espoir de se réveiller. Mais elle entendit de nouveau la voix qui répétait la même question. Alors elle regarda autour d'elle mais ne vit personne qui pouvait l'interpeller. Elle en conclut qu'elle était victime de ce satané soleil qui la plongeait sans pitié dans un état second.
En entendant la question pour la troisième fois, elle fut certaine d'être cette fois-ci la proie d'un coup de folie et se leva précipitamment dans le but de se sauver.
- Ne fuyez pas, Belle enfant, je ne suis pas le diable, seulement une réponse à votre malheur. Observez les tombes autour de vous, vous m'y rencontrerez.
Antonine leva les yeux. Elle ne vit qu'un grand et beau papillon bleu qui battait des ailes en virevoltant au-dessus de la terre fraîche des deux tombes. Indécis, le papillon finit par se poser sur la pointe de la croix d'Ercilie.
Puis de nouveau Antonine entendit:
- C'est moi qui vous parle, Morpho le papillon bleu venu d'ailleurs. Je suis le poète de l'imaginaire. J'ai pour mission de divertir tous les chagrins du monde.
Ah ! 1610 ! L’année de mes vingt ans, le début d’une longue histoire, ma chère Antonine. Je m’en souviens comme si c’était hier, répétait la baronne pour la seconde fois afin de s’immerger dans la mémoire de son passé et d'éveiller la curiosité de sa filleule.
- Belle Marraine, je suis tout ouïe à vos dires et tellement impatiente de connaître ce que vous avez à me conter. J'attendais ce moment depuis si longtemps, répondait Antonine pour encourager son aïeule à se lancer dans le récit de sa vie.
- Au printemps de l’année précédente, en 1609, reprit alors la baronne après un léger temps de réflexion, je n’étais encore qu’une rose sans épines. Déjà mi-fanée, réduite à la soumission par la malédiction d’une jeunesse trop pleine de naïveté dans le face-à-face avec la cruauté humaine. Depuis plusieurs mois, je vivais le quotidien d’une besogneuse ayant déboulé par le hasard d’une mauvaise fortune en plein cœur de Paris, serrée comme bonne à tout faire au service d’une mégère et d’un fricoteur.
Faussaquet, c’était le nom du tire-laine, Faussaquête, le sobriquet de sa mégère qui se prétendait buandière. La nuit, ils m’enfermaient dans une souillarde et le jour à peine levé, j’étais à la tâche, soumise à leurs quolibets et à leurs violences. Ils me payaient en gifles, injures et coups de pieds au cul pour parler vulgairement.
Mais au cours de l’été 1609, j’avais réussi à fausser compagnie à mes geôliers et j’en étais plutôt fière. Une porte mal verrouillée, pendant une scène de ménage arrosée d'une piquette qui les avait fait rouler sous la table, avait suffi à m’offrir la clef des champs.
Seulement, la liberté conquise ne signifiait pas jours plus heureux pour qui, comme moi, avait déjà beaucoup croisé la tyrannie du mauvais sort.
Question refuge, dans la précipitation de ma fuite, je n’avais trouvé qu’un cimetière pour m’accueillir, celui des Saints-Innocents, ouvert de jour comme de nuit au tout-venant. À lui seul, le nom de ce reposoir pour vieux os faisait référence à la misère du quartier. Des tas de restants de crânes et de tibias appartenant à une foule de mal-fortunés s’empilaient à découvert dans des charniers jusqu’à hauteur d’homme.
De jour, les orbites de ces rebuts de squelettes fixaient malicieusement le visiteur entre les ridelles qui leur servaient de retenues. " Ils sont les gardiens du cimetière et portent le mauvais œil aux hérétiques et autres malsentants de la foi, " rapportait la rumeur à leur sujet. " Ceux qui ont osé se gausser de cette vérité ont connu triste fin, " affirmait la même rumeur pour emporter la conviction de celles et ceux qui doutaient de ses dires.
Et, le soir venu, le cimetière n’hébergeait pas que des macchabées. Toutes les compagnies bien vivantes de crève-la-faim, de pouilleux et de va-nu-pieds s’y pressaient comme des rats affamés, prêts à en découdre pour se faufiler dans les entre-tombes. Les places les plus disputées cerclaient une fontaine à trois faces accolée à l’église des Saints-Innocents. On y lavait ses guenilles et on y priait par peur de toutes sortes de maléfices.
La nuit n’était pas toujours faite de beaux rêves, loin s’en faut, pour qui s’aventurait dans ce dortoir de misère. Il fallait prévoir sa trique et une bonne réserve de caillasses pour défendre sa place et veiller sur son maigre butin.
Entre aube et aurore, les plus valeureux, surtout les femmes et leurs marmots, se mettaient en marche pour se disputer les places de mendigots sur les parvis des églises et des cathédrales.
Si le 16ème siècle reste marqué par l'horreur des guerres de religions entre catholicisme et protestantisme, l'auteur de ce roman, Daniel Berthet, nous transporte dans un 17ème siècle tout aussi terrifiant au cours duquel le malheur des guerres s'est poursuivi insidieusement.
L'art de conteur de Daniel est encore là. Il sait mener un roman haletant et riche en péripéties. À travers le destin d'Ercilie, il met en pages la religion, la guerre l'amour, l'amitié et la douceur féminine qui en font sa force et sa dignité. Roman à multiples facettes parce que la vie est là envers et contre tout, au milieu des intrigues de cour (mais qu'en est-il aujourd'hui ?) et au milieu de la crasse d'où naissent des fleurs de rêve qui éclairent et éclaboussent de rires parfois.
Ghislaine Degache
Quel plaisir de retrouver la plume ensorcelante de Daniel Berthet !
Il est un auteur sans pareil pour nous faire voyager dans le passé, en l’occurrence dans ce dernier roman, au cœur du 17ème siècle, en toute simplicité et en toute réalité. Le troisième tome de la collection Les foudres du ciel, après Au nom de notre bonne foiet L’anneau de Saint Jérôme, s’intitule Ericile d’Ourène, Baronne de Saint-Jérôme. Il peut être lu indépendamment, mais à l’issue de sa lecture, vous n’aurez qu’une hâte, lire les deux premiers pour approfondir votre connaissance d’Ercilie et de ses parents et le contexte historique dans lequel ils ont vécu. Car, oui, l’histoire de la vie d’Ercilie est étroitement liée à la grande histoire et c’est tout ce qui fait le charme de ce roman.
Monique Etienne
Ercilie d’Ourène, une femme de caractère !
Le roman est très bien écrit, très documenté et du point de vue historique, nous apprend énormément. Chapeau pour ce travail de recherche et cette restitution d’une histoire méconnue. Je salue également la recherche d’une langue riche de son terroir, semée de mots nouveaux et pleinement de son temps.
L'auteur sait nous replonger dans l’horreur des guerres de religion, de la haine engendrée par des dogmes qui ne servent que les puissants. Il restitue l’atmosphère de ce dix septième siècle marqué lui aussi par la barbarie et la pandémie.
Ce nouveau volet d’une trilogie intitulée Les Foudres du Ciel, commencée avec Au nom de notre bonne foi, poursuivie dans L’anneau de Saint-Jérôme, cette trilogie se termine avec la vie tourmentée d’Ercilie d’Ourène. C’est l’occasion, pour moi, de rappeler que cet écrivain a déjà publié huit romans auparavant : Justice aux Poings, 1851 Marianne des Mées, Porteurs de rêves,Putain de guerre !et Comme un oiseau sur la mer dans la collection Résistances. Ercilie d’Ourène, baronne de Saint-Jérôme complète la collection Les Foudres du Ciel.
Que le titre de ce nouveau roman ne vous induise pas en erreur ! Avant de porter le titre de baronne, Ercilie a vécu quantité d’événements, subi beaucoup de désagréments, souffert souvent mais a aussi connu des moments de bonheur. Une vie bien remplie…
Nadine Boisson
Merci de m'avoir embarquée dans les rocambolesques aventures de la baronne Ercilie d'Ourène, femme libre et courageuse à la vie bien remplie ! J'ai beaucoup aimé. A quand le prochain ouvrage ?
Christiane B.
Avec l'art propre au conteur, l'auteur réussit, à travers la narration de la vie d'Ercilie, à faire revivre des événements du 17ème siècle propres à l'histoire des Basses-Alpes et à celle de la Franche-Comté.
A l'instar d'Antonine nous écoutons avec grand plaisir le récit de la vie d'Ercilie où se mêlent souffrances et bonheurs depuis une enfance dominée par la misère jusqu'à l'acquisition, sous l'égide de la princesse de Conti, du titre de baronne de Saint-Jérôme. C'est alors que se déroule sous nos yeux une partie de l'histoire de la Franche-Comté, possession des Habsbourg, avant son rattachement au royaume de France.
Un roman plein de tendresse, à ne pas manquer dans la trilogie de la collection " Les Foudres du Ciel " après "L'anneau de Saint-Jérôme "et " Au nom de notre bonne foi ! " déjàpubliés.
Depuis leur premier âge, les gamins de Khan Yunis[2] n’avaient connu que les contraintes du camp de réfugiés : la promiscuité, les cailloux, la poussière, les tas d’ordures, les odeurs nauséabondes, les tôles ondulées, les planches rafistolées, le manque d’eau, le ronflement des générateurs...
Ils supportaient cette misère sans se plaindre car ils n’avaient connu que cet inconfort.
Tout cela leur appartenait.
Mais à cette détresse s’était ajouté un autre malheur, un vacarme infernal venu des airs, celui des avions de chasse, des hélicoptères Apache et des drones. Celui-là était imposé par Tsahal, la toute puissante armée du colonisateur. Il était ressenti par tout un chacun comme une agression humiliante voulue par les sionistes...
Une source d’angoisse permanente, jour et nuit.
Une oppression qui torturait les tympans.
« À quels endroits ces vautours vont-ils encore lâcher leurs bombes ? » s’interrogeaient les mères de familles en poussant leurs progénitures dans les baraques lorsque les F-16 et les hélicoptères survo-laient la zone. « Même pas peur ! » répondaient les mômes qui interrompaient leurs parties de ballons entre les détritus des ruelles, têtes en l’air et doigts écartés en signe de victoire, prêts à défier la force de ces engins de mort.
Lorsque c’était à leur tour de se trouver à l’école dans le grand hangar bleu de l’ONU, les enfants se bouchaient les oreilles avec les mains quand les avions survolaient le camp. Les maîtres interrompaient leurs cours pour laisser passer les escouades. Et pour rassurer les gamins, ils leur rappe-laient qu’ils étaient en sécurité puisqu’ils se trouvaient dans une école sous contrôle international. Mais aucun ne croyait à ces belles paroles, même pas ceux qui les prodiguaient tant ils connaissaient les habitudes de l’oppresseur et la complaisance des maîtres du monde.
C’était un jour de cette fin d’année 2001 sous le ciel de la bande de Gaza, un jour comme les autres, fait de grouillements, d’encombrements, de brouhahas, de lassitude, d’ennui, de chômage et de désespoir.
En milieu de matinée, le rugissement des F-16 se fit plus bas, plus lourd, plus proche.
C’était mauvais signe !
Sans même entrevoir les fusées éclairantes qui déchiraient le ciel, les gamins enfermés dans leur salle de classe, c’était le jour des garçons, reconnurent les sifflements stridents, juste au-dessus de leurs têtes. Chacun d’eux savait que ces sifflets éclairs annonçaient les explosions imminentes des bombes.
Dans la seconde, ils comprirent que leur camp était pris pour cible.
D’instinct, ils plongèrent sous les tables, la terreur dans les yeux, la trouille au ventre et l’appel au secours dans le cœur.
Des explosions, il y en eut quatre ou cinq.
Terrifiantes !
Tout le quartier se souleva.
Un véritable tremblement de terre !
Carreaux cassés, portes fracassées, chute des plafonds, déflagrations de pierres et de ferrailles qui s’écrasaient dans la classe au milieu d’un grand nuage de poussières.
Vision de fin du monde.
Hurlements des gamins.
Après des minutes aussi longues que l’éternité, soumis au bon vouloir du malheur qui tuait à l’aveuglette, ceux qui étaient encore conscients et situés au plus près des ouvertures commencèrent à s’extirper de l’enfer en sautant par les fenêtres sans s’occuper s’ils se tailladaient bras et jambes sur les restes de vitres coincés dans les encadrements.
Visages recouverts de poussières, mains, bras et mollets entachés du sang des blessures, tous étaient en proie à l’affolement de la terreur.
Quelqu’un essaya de les regrouper dans la cour.
Trop tard !
Les premiers sortis étaient déjà en train d’enjamber le portail. Les autres couraient dans tous les sens, gibier affolé.
Un vol de canards paniqués, on aurait dit.
Le portail franchi par les plus agiles, chacun de son côté, ils s’enfuirent au milieu des gravats encombrant le sol, sans savoir où ils allaient. Devant le hangar, on ne distinguait plus, ni les panneaux rouillés des vieilles publicités, ni les poteaux électriques et leurs fils enchevêtrés, ni les bâtiments, ni les ruelles du camp. Tout était noyé dans une brouillasse de poussières et de débris volatils qui tombaient du ciel...
[1] Du 7 au 15 décembre, Israël bombarde les infrastructures pales-tiniennes de Gaza
[2] Ville palestinienne du sud de la Bande de Gaza qui regroupe plusieurs camps de réfugiés palestiniens dont le plus important est le camp Al Amal, qui héberge des milliers de réfugiés de 1948.